Compte-rendu de la 1ère assemblée citoyenne du Front de gauche de la 3ème circonscription de Seine-St-Denis

La 1ère assemblée citoyenne à Noisy le Grand – Gournay sur Marne s’est tenue salle des Abeilles dans un quartier populaire, « la Butte Verte »,  avec pour thème : « le programme partagé du Front de Gauche, c’est quand et comment ? ». Une quarantaine de personnes, dont une dizaine qui ne sont pas des « habitués » des réunions politiques, ont répondu à notre invitation. C’est une progression puisqu’en octobre, une vingtaine avaient assisté à une projection publique de l’émission « parole directe » avec JL Mélenchon sur TF1, suivie d’un débat, que nous avions organisé dans un café de la ville.

Au cours de la soirée, nous avons noté une trentaine d’interventions parmi lesquelles trois citoyens « non encartés » à une des composantes du Front de Gauche.

C’est à partir du regard porté sur l’actualité que le débat s’est engagé : l’accélération de la rigueur sur l’ensemble de la zone euro souhaitée par les marchés financiers avec de nouveaux milliards qui seront ponctionnés sur l’emploi, les salaires, la protection sociale, alors qu’en l’espace de deux ans, 4500 milliards d’euros ont été donnés par les Etats européens aux banques privées sous forme d’aides publiques. L’exemple de PSA Aulnay qui a reçu 3 milliards d’argent public pour soutenir l’emploi et qui pourtant en 2011 fermera trois sites, est un exemple. C’est un « tsunami social » dans notre département alors qu’il n’y a pas de crise dans l’automobile, s’est indignée une intervenante.

Il a été ainsi souligné que la crise et la récession inédite qui se précise sont le résultat des politiques d’austérité pour chercher à imposer aux salariés un gigantesque recul avec un seul objectif : continuer à financer la rente d’une poignée d’ultra riches. La protection sociale, la durée du travail, le salaire minimum, les entreprises publiques, tout ce qui reste encore du modèle social occidental doit disparaître.

Face à cela, la question a été posée : les peuples doivent-ils s’incliner devant le diktat des marchés et de leurs agences de notation, au mépris de toute démocratie, ou bien les citoyens peuvent-ils prendre le contrôle sur l’argent et imposer leur volonté aux banques et aux grands groupes privés ?

Si parmi les forces politiques, le Front de Gauche  apporte à cette question une réponse de progrès, il a été déploré que faute de volonté de s’en prendre à la domination des marchés financiers, le Parti Socialiste et Europe Écologie Les Verts s’alignent sur les recettes de la droite.

Pour sortir de la crise et relancer la croissance sur des bases saines, une intervenante a rappelé que la priorité pour le Front de Gauche, s’il accède au pouvoir, serait de s’attaquer à la domination des marchés financiers qui met les pays et les peuples sous tutelle au mépris de la démocratie, de reprendre le contrôle sur l’argent avec la création d’un pôle public et financier pour ne plus être sous la coupe des agences de notation et de donner la priorité au travail sur la finance en augmentant les salaires, en créant des emplois dans les services publics, en réinstaurant la retraite à 60 ans.

Une autre intervenante a posé d’emblée la question : comment faire pour résister et peser, sinon d’être encore plus nombreux pour être plus fort et se donner du courage pour lutter tous ensemble.

Un citoyen intéressé par la démarche du Front de Gauche a proposé d’engager une campagne de proximité pour expliquer d’une manière pédagogique que l’argent existe (le passage des 10 points du travail vers le capital) et qu’il peut et doit être redirigé vers les salaires. Il estime que le smic à 1700 euros est une proposition crédible : l’ensemble des profits exorbitants des sociétés du CAC 40 permet de dégager des centaines d’euros supplémentaires chaque mois pour les 24 millions de salariés. C’est pourquoi, a-t-il souligné, le smic à 1700 euros n’est pas seulement une revendication sur un point sensible, elle touche au cœur du système capitaliste car elle s’attaque aux profits. Il fait remarquer qu’elle n’est pas portée par les autres candidats.

Plusieurs personnes ont dénoncé que pour éluder et évacuer les questions sociales, les faits divers sont mis en exergue dans l’actualité et, de ce fait, les problèmes sécuritaires mis en avant. Ces discours populistes entraînent une méfiance généralisée, il leur paraît donc impératif de  remettre la question sociale au centre des débats.

Devant « l’inventabilité libérale », un citoyen « non encarté » a fait part de ses doutes sur la possibilité de changer les choses politiquement. S’appuyant sur l’état du monde, mis à part l’Amérique du Sud et devant la tournure des révolutions arabes, il pense qu’il est plus réalisable de « bouger » la situation sur le plan local. Ainsi, il est convaincu qu’un programme local de gauche pertinent sera plus susceptible d’intéresser et d’être porté par les citoyens et les associations locales.

Cette intervention fait réagir : dans quelle société veut-on vivre ? Derrière les marchés financiers, il y a des hommes et des femmes identifiables qui ont tout intérêt à rester anonymes par peur que les peuples prennent leur affaire en main. Ainsi l’Argentine, malgré les injonctions du FMI qui recommandait une politique d’austérité, a, 10 ans après, relancé son économie. Cet exemple montre qu’un pays seul peut aller contre l’avis du FMI. C’est une question de volonté politique. L’exemple du peuple irlandais qui refuse de rembourser la dette est également évoqué.

Le rejet par les dirigeants européens de la décision du 1er Ministre grec Papandréou de consulter le peuple grec montre à quel point les gouvernements et les marchés financiers craignent la démocratie. Les peuples font peur et même si dans les pays arabes, la démocratie a du mal à se concrétiser, il faut créer des collectifs qui permettent de travailler ensemble et mettre notre intelligence en commun pour que les gens vivent mieux. Si ces idées là sont majoritaires dans le pays, et cela n’exclut pas les batailles locales, le cours des choses bougera fondamentalement.

Dans la discussion, l’accent est mis sur le fait que si la campagne électorale est un moment fort pour débattre avec les gens, il ne faut pas avoir comme seul horizon politique les élections. Nous sommes face un tournant de civilisation qui impliquera de continuer à lutter.

Un intervenant rappelle que les députés vont débattre du budget et se retrancher derrière la crise pour adopter des mesures pour lesquelles ils n’auront pas reçu de mandat du peule. Interpelons-les, suggère-t-il, le peuple n’a pas à payer la dette. Il l’a déjà largement payé. A cet effet, il invite chacun-e à participer samedi 17 décembre à l’initiative du Collectif Front de Gauche de la circonscription qui consistera à former un cortège de voitures habillées d’affiches reprenant des slogans relatifs à la crise financière, la dette, les propositions alternatives du Front de Gauche et l’urgence à s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre. Cette caravane sillonnera les quatre villes (Neuilly Plaisance, Neuilly sur Marne, Noisy le Grand, Gournay sur Marne)

Une autre personne évoque la problématique du vivre ensemble : que faisons-nous du bien commun et comment organiser la riposte. Dans les assemblées citoyennes, des souffrances privées intimes, en dehors de la question du politique, s’expriment. La souffrance privée doit être repolitisée. Il ne s’agit pas seulement d’avancer des arguments, explique-t-elle ; c’est le « comment faire », le « comment du dialogue », le « comment de la pratique » et du « vivre ensemble » qui sont posés.

De cette discussion où ont été évoquées la colère, la peur, l’insécurité, les questions sociales et économiques, la résistance et les batailles à mener, ressort qu’il est plus que jamais nécessaire de donner la parole aux gens et donc d’aller au-devant de toutes celles et ceux qui ne viendront pas dans nos réunions, notamment les jeunes. Il faut réfléchir à de nouveaux modes de communication qui complèteront ceux déjà utilisés.

La dette et le pouvoir d’achat sont deux thèmes sur lesquels le collectif Front de Gauche préparera un argumentaire pour aider à la discussion dans les quartiers.

A la fin de la réunion, plusieurs personnes ont laissé leurs coordonnées et ont fait part de leur intérêt pour participer à l’assemblée citoyenne programmée le vendredi 20 janvier 2012 (en centre ville).

Compte-rendu de « 4 heures contre le logement cher »

Lundi 9 janvier, le théâtre du Rond-Point des Champs Elysées a fait salle comble à l’invitation de la « Plate-forme des Mouvements Sociaux pour le Logement » et à l’initiative de Droit au Logement et de la Fondation Copernic.

Parce que la question du logement doit être une priorité dans les programmes électoraux pour l’élection présidentielle, le collectif qui compte 37 associations et syndicats a décidé d’interpeler les candidats, invitation à laquelle ont répondu Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche), Eva Joly (Europe Écologie Les Verts) et Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste).

Tout à tour, durant 4 heures, des intervenants de la Confédération Syndicale des Familles (CSL), Jeudi Noir, Attac, Solidaire, Droit au Logement (DAL), Fondation Copernic, Confédération Générale du Travail (CGT), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), de Partis politiques comme Isabelle Bonnet (représentante de Lutte Ouvrière pour la région PACA), Marie-Noëlle Lienemann (Sénatrice socialiste) Pierre Laurent (Secrétaire national du PCF), Dominique Voynet (Maire de Montreuil), mais aussi des personnalités comme le Professeur Jacquard, les comédien-nes Pierre Richard, Josiane Balasko, Yvan Le Bolloch et Marina Vlady ont pris la parole pour exprimer les difficultés des millions de personnes pas ou mal logées et de toutes celles et ceux qui sont accablés par le coût des loyers, des charges et de l’immobilier. Tous ont dit leur espoir de voir enfin cesser l’insupportable parce que le logement est un droit fondamental, un bien de première nécessité.

Les dessinateurs Charb et Faujour ont émaillé de dessins humoristiques projetés sur un écran,  les interventions des participants, provoquant des fous rires dans la salle. Autre moment fort : la présentation sur l’écran d’œuvres de l’artiste plasticienne et poète d’art urbain, Miss Tic, réalisées au pochoir à la bombe sur les murs ou les palissades de Paris.

D’entrée, Jean-Michel Ribe, Directeur du théâtre, a donné le ton : « le mal logement est une insulte à la dignité. Notre pays doit retrouver une solidarité forte ».

Pour Jean-Baptiste Eyraud (DAL), « l’accès au logement doit être un droit fondamental tout comme la Sécurité Sociale ». « Jusqu’à présent, il y a eu beaucoup de luttes juxtaposées de locataires, de syndicats, d’associations ou de partis politiques », a rappelé Willy Pelletier de la Fondation Copernic, « c’est pourquoi il était urgent de créer cette plate-forme contre le logement cher ».

Cette plate-forme (voir http://www.contrelelogementcher.org) énonce les mesures d’urgence contre les expulsions locatives, l’accueil inconditionnel de toute personne à la rue, l’application et l’amélioration de la loi de réquisition sur les logements et locaux vacants depuis plus de six mois, mais aussi les exigences pour un vrai logement social, contre le logement cher et pour la défense des droits des habitants.

« J’ai défilé dans la rue avec vous pour demander des papiers », a rappelé le professeur Albert Jacquard (généticien). « Il faut maintenant changer nos mots d’ordre : Qu’elle serait belle l’humanité s’il n’y avait de papiers pour personne ! Tout le monde doit être dignement logé. Il faut remettre en cause le droit de propriété et le partage des richesses tel qu’il est conçu. Les richesses offertes par la terre ou créées par l’Homme n’appartiennent à personne mais à tous ».

Josiane Balasko donnera lecture d’un texte d’Engels, Yvan Le Bolloch de Jules Vallès hélas encore d’actualité, tandis que Pierre Richard évoquera la vie d’un homme dont le parcours cabossé s’est achevé dans la rue. Marina Vlady citera quelques articles de la Loi Dallo insuffisamment appliqués puisque 30 000 familles ne sont toujours pas relogées et que 140 000 personnes vivent actuellement dans des bidonvilles.

« L’État rabote les aides au logement, leur revalorisation pour 2012 seront inférieures aux augmentations de loyers », a dénoncé Élodie Fumet (CSL). « Le social ne doit plus être une honte », s’est insurgé Serge Incerti-Formentini (CNL), « le logement est un puissant acteur économique et social. Il est urgent de stopper sa marchandisation et de le considérer comme un bien de première nécessité car il est facteur de protection sociale pour les familles. Nous ne resterons pas en dehors du débat de la campagne électorale ».

« 2012 doit être l’année de notre dissolution » lancera Margaux Leduc » (Jeudi Noir). « Il y a plus de 2 millions de logements vides recensés ! Nous exigeons l’application de la loi de réquisition des logements vides, nous voulons que l’État fasse son boulot à notre place ! ».

Eva Joly (candidat d’EELV) a plaidé, entre autres, pour un moratoire sur les loyers pendant au moins trois ans et pour mettre fin à la liberté de relouer à n’importe quel tarif quand le logement est vacant. Elle a cité le modèle allemand qui détermine le montant des loyers en se basant sur le calcul de la moyenne appliquée dans une zone et s’est engagée à réhabiliter 300 000 logements par an en les mettant aux normes pour réduire la facture énergétique des familles. Elle a invité la salle à prendre connaissance de ses propositions en matière de création de 950 000 emplois liés à l’économie verte sur son site internet.

Evoquant la dérisoire taxe sur les transactions financières, Aurélie Trouvé (Attac) a rappelé que « malgré ses multiples annonces lorsqu’il a été élu Président, Nicolas Sarkozy n’a rien fait contre la finance. Les 65 milliards de profits volés chaque année par la spéculation immobilière ne passent plus ». Pour Attac, « la rigueur n’est pas une fatalité, c’est un choix politique. D’autres alternatives sont possibles ».

Jean-Luc Mélenchon (candidat du Front de Gauche) prend alors la parole : « Je voudrais, tout d’abord, féliciter les organisateurs de cette assemblée. Ca démarre très fort, c’est un beau succès. Vous avez d’autant plus de mérite que vous avez l’intention de faire en sorte que dans  la campagne électorale on parle du logement et ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile de parler de quelque chose de sérieux qui ne soit pas autre chose qu’une petite phrase !

Nous ne sommes pas victimes d’une malédiction qui nous tombe sur la tête comme la grêle ou la pluie et devant laquelle nous ne pouvons rien, nous sommes dans une réalité sociale volontairement organisée. Le capitalisme s’enrichit à partir de la rareté et de l’exploitation du travail. Il a organisé la rareté du logement et des logements dans lesquels on ne vit pas bien, et à partir de cette immense frustration, il a crée un marché. On vous  a dit alors : « soyez tous propriétaires ». On vous a montré des pavillons avec des jardins et des gens heureux. On vous a dit : « achetez votre logement »  et on vous a proposé le rêve d’être « propriétaires.

Je vais vous parler d’une autre époque, celle où les HLM étaient de belles cités ouvrières, on y était bien ; peu de gens avaient envie d’être propriétaires. Mais ils ont délibérément laissé ces cités se dégrader. C’est l’organisation volontaire de la rareté de logements qui a poussé les gens à acheter.

Mais en réalité vous ne changez pas de statut, vous n’être plus locataires de l’Office HLM mais … de la Banque, s’est-il indigné ! Vous en prenez pour 25 ans de crédits ! Nous nous affrontons donc à un adversaire qui a un nom et qui s’appelle : les Banques ! C’est le capitalisme et sa cupidité. Alors, que faut-il faire ? Briser la rareté et créer en abondance du logement. Combien faut-il en créer ? Je m’appuie sur le rapport de la fondation de l’Abbé Pierre qui estime que pour rétablir l’équilibre, il faut construire 1 million de logement sociaux, de qualité bien sûr. Il faut donc en construire 200 000 par an pour les cinq années à venir. Il faut que le logement soit à tarif modéré.

Trouver de l’argent, c’est possible, il y en a plein ! Enlevons le livret A aux Banques et redonnons-le à l’épargne pour participer au financement de la construction de logements !

Première urgence : désobéissez aux ordres injustes. Des parlementaires ont été assez lâches pour dire que les gens qui s’installent à l’année dans des campings doivent être expulsés. Honte à ces  parlementaires ! Ces gens ne sont pas dans des campings pour leurs loisirs mais parce qu’ils ne peuvent aller nulle part ailleurs et qu’ils veulent offrir un minimum de dignité à leurs familles ! Ces gens ne partiront que s’ils sont relogés.

Deuxième urgence : empêchons les expulsions des personnes en difficulté économique et sociale, arrêtons le scandale des logements vides en les réquisitionnant. Personnellement, je ne peux pas vivre bien si je vois des gens dormir par terre dans la rue ou dans les voitures. Ca suffit !

Il y a aussi la question du niveau des loyers : je ne suis pas pour le gel des loyers, mais pour leur baisse, dit-il sous les applaudissements de la salle. Pour se maintenir dans un logement, il faut pouvoir payer le loyer. Si son montant est moins élevé, votre pouvoir d’achat augmentera, vous dépenserez plus pour vivre, vous relancerez l’activité, et quand on a un peu plus d’argent, on achète aussi de meilleure qualité. Par exemple, on vous dit que l’agriculture bio, c’est mieux, et bien vous pourrez enfin accéder aux produits bios puisqu’ils seront plus accessibles.

Pour baisser les loyers, il y a une méthode simple, Eva Joly l’a évoqué tout à l’heure, prenons la méthode utilisée en Allemagne. Certes, les allemands ne font pas que des choses bien, mais on peut appliquer leur méthode : calculer la moyenne des loyers d’un bassin et baisser tous ceux qui se situent au-dessus de cette moyenne.

Enfin soyons fermes : nous agirons pour une application résolue de la loi SRU qui fait obligation aux communes de construire du logement social : les maires qui n’appliqueront pas la loi seront poursuivis en justice, prévient-il, et le Préfet devra se substituer à eux pour les permis de construire. Les communes de riches qui ne veulent pas de pauvres chez eux, et bien c’est très simple, ils ne toucheront plus de subventions de la collectivité !

Ce n’est pas vrai que l’on ne puisse pas agir maintenant, ce n’est pas vrai que dépenser de l’argent dans le social c’est comme s’il était versé dans du sable, le progrès économique et écologique dépend du progrès social », a conclu le candidat du Front de Gauche en quittant la tribune sous les ovations de la salle. Voir le lien :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/01/09/meeting-urgence-contre-le-logement-cher/

Annick Coupé, porte-parole du syndicat Solidaires a pris alors le relai pour affirmer que « les problèmes liés au mal logement détruisent les vies personnelles et familiales. Que fait-on des richesses produites dans ce pays, doit-on en faire un élément essentiel qui permet à chacun d’avoir un logement et un emploi ou bien doivent-elles profiter à une minorité de privilégiés ?  Le droit au logement ne doit pas amputer les autres droits (la santé, la culture …), ce doit être un enjeu fort dans la campagne présidentielle et qui nécessitera des mobilisations sociales pour imposer d’autres choix ».

Philippe Poutou (candidat pour le NPA) a prôné, notamment, « l’arrêt des expulsions sans relogement, la réquisition des bâtiments vides et des résidences secondaires, le blocage des loyers, l’inéligibilité des maires qui ne respectent pas la loi SRU et un service public du logement ».

Jean-Baptiste Eyraud (DAL) est alors revenu sur « la souffrance des mal logés et des pauvres gens qui ont des difficultés à payer leur loyer et leurs factures, fustigeant « ceux qui vivent des 30 milliards de surprofits engrangés en 2009 sur le prix des loyers ».

« La question du logement doit être au cœur de la campagne de l’élection présidentielle », a déclaré, pour sa part, Marie-Noëlle Lieneman (Parti socialiste). Elle se dit d’accord avec le diagnostic et  propose une taxe sur les profits immobiliers spéculatifs qui contribuerait à financer la construction de logements et le relèvement du plafond du livrer A. La première mesure sera de stopper les cadeaux fiscaux.  Les loyers ont dérapé, poursuit-elle, il faut les encadrer et les baisser quand ils sont abusifs.

Des représentants de « collectifs » de Montreuil et du 76 rue Gabriel Péri à Saint-Denis demandent alors la parole. Ils expriment leur colère et leur volonté de ne pas cesser leur combat contre le mal logement et les expulsions. Avant d’être jetés à la rue par le Préfet Lambert, des bébés sont morts, rendus malades par le saturnisme,  a témoigné, à bout de nerfs, une des porte-parole de Saint-Denis. Une autre femme dénonce, au nom du collectif « les oubliés de Dallo » la galère de tous ces gens qui ont des papiers, un travail, et  pourtant n’ont aucune proposition de logement.

Pour faire face à la crise, plus humanitaire qu’écologique, Agnès Naton (CGT) estime « qu’il faut non seulement faire appliquer les lois mais aussi en créer de nouvelles. Elle aussi en appelle à désobéir aux ordres injustes ».

Isabelle Bonnet (Lutte Ouvrière)  propose « la réquisition immédiate des logements vides et des logements sous-occupés par les riches et la construction de logement bon marché ».

« Cette soirée est une vraie bouffée d’oxygène », déclare Pierre Laurent (PCF), « elle rompt avec les débats factices organisés par les médias et qui ne passionnent pas les citoyens. Le logement est un droit fondamental. S’il n’y a pas de rupture franche et rapide, nous allons vers l’amplification d’un véritable drame national. Cela fait des années que vous tirez la sonnette d’alarme.

La responsabilité de ceux qui prendront le pouvoir en mai 2012 est immense, poursuit-il. Il faut sans attendre réquisitionner les logements en faveur des sans abris et interdire les expulsions. C’est pourquoi les députés PCF et PG ont déposé un projet de loi relatif au logement locatif public et privé articulé autour de quatre propositions : l’interdiction des expulsions, l’encadrement des loyers privés, le renforcement de la lutte contre la vacance des logements et un renforcement de l’article 55 de la loi SRU. Il rappelle que les maires communistes sont fréquemment poursuivis en justice pour avoir procédé à des arrêtés anti expulsions, anti coupures d’eau, d’électricité et de gaz.»

« Il faut abroger la loi Boutin » poursuit-il, « interdire les augmentations des loyers lors des renouvellements de baux, imposer le gel des loyers ».

« Pour construire un million de logements, déclare Pierre Laurent, il est urgent de stopper les aides à la spéculation. Il fait remarquer que l’aide publique pour la construction d’un logement social est de 1500 euros alors qu’elle est de 60 000 euros pour un logement construit sous la loi Sellier. Les aides publiques pour le privé ont pillé la nation. Il faut donc un pôle public financier bancaire. Les banques et les assurances sont les grands propriétaires dans les grandes agglomérations. Elles continuent de rançonner. L’endettement locatif est la première cause de surendettement, avant les crédits révolving. Il faut mettre en place une politique de maîtrise du foncier. Tout cela implique de la volonté politique, il faudra donc choisir ceux qui sont les meilleurs porteurs des choix conformes à l’intérêt général et continuer de lutter ».

Dominique Voynet (Maire de Montreuil) met en avant « son action en matière de réhabilitation des logements anciens pour combattre l’insalubrité et le saturnisme et la construction de 3500 logements sociaux. Malgré cela, des milliers de familles attendent un logement social ». Elle dit « sa colère de devoir souvent choisir entre précaires et très précaires », évoque « les squats politiques et culturels » et dit « assumer sa politique envers les roms installés dans sa ville ».

Bernadette Groisson (FSU) fait part de « sa fierté de participer au combat un toit c’est un droit qui réunit tant d’organisations. Nous vivons dans un pays riche où les écarts se creusent. Huit millions de pauvres en Frances, 4 millions de gans mal ou pas logés ». Elle parle alors « des enfants victimes de cette politique, qui vont d’hôtel en hôtel ou vivent dans des logements insalubres. Leur souffrance conditionnera leur vie d’adulte. Quels loisirs ont-ils ? Quel accès à la culture ? Quelle vision du monde offre-t-on à ces enfants à qui l’on impose de telles conditions de vie ? » Elle évoque aussi « les étudiants dont un sur deux est obligé de travailler pour payer ses études. IL nous faut poursuivre ensemble ce combat pour le droit au logement social ».

Tout au long de soirée, les interventions des participants ont été entrecoupées de courtes séquences vidéo apportant le témoignage de citoyens victimes d’expulsion, de la cherté des loyers ou du mal logement et de graphiques projetés sur l’écran démontrant la flambée de l’immobilier, des expulsions et des profits.

Moment d’émotion aussi lorsqu’une jeune adolescente a lu à voix haute la lettre d’une petite fille adressée au Président de la République pour lui expliquer comment elle sa famille avaient été expulsées mais plaisir aussi quand les auteurs-compositeurs Guillaume puis Christian Paccoud ont interprété quelques chansons engagées de leur répertoire.

Le meeting s’est achevé sur la volonté de ne pas attendre les élections mais d’organiser un front large, une campagne sociale et politique, une lutte de longue durée. Entonnant le slogan « un toit c’est un droit », la salle s’est quittée avec, plus que jamais, la conviction qu’unis et tous ensemble le rapport de force peut changer la donne.

A présent, il faut nous rassembler pour réussir

Rassembler toutes celles et ceux qui aspirent à un véritable changement de société. Rassembler les électeurs du Parti Socialiste et d’Europe Écologie-Les Verts désabusés par la campagne de F. Hollande et de E. Joly qui rejettent toute idée de rupture avec le capitalisme. Rassembler tous ceux qui refusent la logique libérale en Europe, comme la majorité du peuple français l’a exprimé en 2005. Faire entendre une autre musique que la mélodie du vote utile. Redonner espoir à ceux qui ne croient plus en rien ou qui sont tentés par le vote M. Le Pen sans mesurer les dégâts de sa politique de la haine et sans connaître ses positions antisociales (contre la retraite à 60 ans, contre l’augmentation du SMIC, contre les 35 heures, etc…).

Une politique rompant avec les recettes éculées du capitalisme est non seulement possible, mais c’est le seul moyen d’éviter l’enfoncement dans une récession durable et la fuite en avant dans le recul de civilisation.

Le Front de Gauche vous propose d’écrire ce scénario avec vous pour que la politique mise en oeuvre soit enfin dictée par l’intérêt général et non plus par celui d’une poignée de privilégiés de la fortune. Le voilà le vrai vote utile !

Nous vous invitons à l’ASSEMBLEE CITOYENNE :

VENDREDI 20 JANVIER 2012
À partir de 19 h 30

Salle Jean Moulin
11 – 13, avenue Cossonneau
Centre ville de Noisy le Grand

CHANGEONS LA POLITIQUE, OSONS LA DÉMOCRATIE !

Collectif du Front de Gauche de Noisy le Grand – Gournay


Assemblée citoyenne Noisy le Grand – Gournay

Investir le Front de gauche

Investir le Front de gauche pour qu’il devienne l’affaire de chacun

En 2012, la droite doit être chassée du pouvoir. Il nous faut mettre fin à la politique d’agression sociale menée par Sarkozy pour le patronat et qui a fait exploser les inégalités. Après 30 ans de régression sociale et de démantèlement des fondements de la République, l’urgence d’une alternative démocratique vraiment de gauche est cruciale.

Un engagement citoyen décisif, avant, pendant et après les scrutins de 2012

L’appropriation du politique par le peuple, un rapport nouveau entre mouvements populaires, syndicats, élus et institutions politiques, peuvent créer la dynamique nécessaire au changement. Cela donne toute leur importance aux assemblées citoyennes, aux collectifs et à toutes les activités permettant à chaque citoyen d’apporter sa propre expertise, en réponse à tous ceux qui prônent la résignation devant une crise qu’ils ont eux-mêmes générée.

Nous vous invitons à l’assemblée citoyenne
vendredi 20 janvier de 19h30 à 22h
Salle Jean Moulin
11 – 13 avenue Emile Cossonneau
Noisy le Grand

Touche pas à mon Humanité dimanche

A l’initiative du groupe des élus communistes et du parti de gauche du conseil de Paris.

Droit fondamental de chaque citoyen, la liberté d’expression est consubstantielle à l’exercice même de   la démocratie. En France, elle a joué – et jouera encore – un rôle essentiel aux moments les plus déterminants de notre histoire collective. C’est à sa vitalité que nous mesurons chaque jour l’implication et l’intérêt des Français pour la chose publique.

Fait aussi rare que consternant, dimanche 8 janvier 2012, sept militants communistes qui vendaient « L’Humanité Dimanche » se sont fait interpeller, rue Rambuteau, par les forces de l’ordre. Au prétexte de « trouble à l’ordre public », des affiches ont été arrachées, des contrôles d’identité ont eu lieu – dont celui d’Evelyne Zarka, adjointe au maire du 4e arrondissement de Paris depuis 2001. En février 2007, un militant communiste avait déjà été verbalisé sur le marché Dejean, dans le 18e arrondissement, pour avoir vendu l’Humanité Dimanche « à la sauvette ». A l’époque, la justice l’avait relaxé, et le Préfet de Police, reconnu « un excès de zèle ».

A quelques mois de scrutins très importants, nous dénonçons ce nouveau dérapage. Alors que la France est régulièrement pointée du doigt, au titre du recul des libertés de la presse et de l’information, par plusieurs associations, organisations et institutions internationales, cet incident est très préoccupant. Nous réclamons le respect des droits et de la liberté des militants politiques, ainsi que la libre diffusion des idées et de la presse. « L’excès de zèle » n’est pas un prétexte, ni une excuse, c’est une faute.

Signez l’appel en ligne ici !

Et rendez-vous dimanche 15 janvier à 10h30 rue Rambuteau !

De l’espoir à la victoire, prenez le pouvoir !

Ça suffit comme ça ! 5 années de sarkozysme, 10 ans de droite libérale et conservatrice au service des plus riches, 20 ans de politique de renoncement ! Des plans d’austérité pour satisfaire les marchés financiers et faire payer la crise aux citoyens lambda ! Des mesures de répression contre les étrangers traités comme des boucs émissaires ! Un capitalisme vert qui détourne l’écologie pour faire du profit ! Des atteintes aux droits et à la citoyenneté dans tous les domaines.

Assemblée citoyenne
vendredi 20 janvier de 19h30 à 22h
Salle Jean Moulin
11 – 13 avenue Emile Cossonneau
Noisy le Grand

7 grands engagements

▪ Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale.
▪ Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers
▪ Mettre en place la planification écologique.

▪ Produire autrement.
▪ La république pour de vrai, le pouvoir au peuple.
▪ Convoquer l’assemblée constituante de la 6° république.
▪ S’affranchir du traité de Lisbonne et construire une autre Europe.

Ensemble, débattons-en !

Le programme du Front de Gauche est disponible en librairie et auprès des animateurs du collectif.

Rendez-vous autour de Jean-Luc Mélenchon, le 12 janvier !

Investissez la campagne présidentielle et législative

– Après la projection publique de l’émission « Parole Directe » avec Jean-Luc Mélenchon au Café du Cinéma suivie d’un débat,
– Après l’assemblée citoyenne salle des Abeilles dans le quartier de la Butte Verte

Nous vous invitons :

le jeudi 12 janvier à l’écoute collective de l’émission

«Des paroles et des actes» sur France 2

avec Jean-Luc MÉLENCHON candidat du Front de Gauche à la présidentielle

Rendez-vous à partir de 20h15

Café du Cinéma
Centre ville de Noisy le grand

CHANGEONS LA POLITIQUE,
OSONS LA DÉMOCRATIE !

Collectif du Front de Gauche
de Noisy le Grand – Gournay

Tract : PROJECTION PUBLIQUE 12 JANVIER 2012

Assemblée citoyenne : Noisy le Grand le 20 janvier 19h30

Salle Jean Moulin
11 – 13 avenue Emile Cossonneau
Noisy le Grand

Résister, Rassembler, Réussir.

En ce début d’année, c’est le temps des voeux mais aussi celui d’un premier bilan à quatre mois des échéances électorales. Depuis deux ans, le Front de Gauche s’est imposé dans le paysage de la gauche française avec une offre politique alternative, en rupture avec la gauche de renoncement. Nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter un véritable changement pour rompre clairement avec le système capitaliste. Le Front de Gauche, c’est aujourd’hui un immense espoir qui se lève, des salles de meetings pleines à craquer, des évènements éco-nomiques et politiques qui lui donnent raison, et surtout des citoyens toujours plus nombreux dans les assemblées. C’est bien au Peuple dans son ensemble que nous nous adressons. Tout cela se traduit par une progression constante des sondages qui nous placent aujourd’hui proches des 10% à la présidentielle. Il faut bien apprécier l’importance d’un score à deux chiffres pour ceux, et ils sont nombreux, qui hésitent encore à nous rejoindre.

CHANGEONS LA POLITIQUE,
OSONS LA DÉMOCRATIE !

Collectif du Front de Gauche
de Noisy le Grand – Gournay

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