Compte-rendu de la 1ère assemblée citoyenne du Front de gauche de la 3ème circonscription de Seine-St-Denis

La 1ère assemblée citoyenne à Noisy le Grand – Gournay sur Marne s’est tenue salle des Abeilles dans un quartier populaire, « la Butte Verte »,  avec pour thème : « le programme partagé du Front de Gauche, c’est quand et comment ? ». Une quarantaine de personnes, dont une dizaine qui ne sont pas des « habitués » des réunions politiques, ont répondu à notre invitation. C’est une progression puisqu’en octobre, une vingtaine avaient assisté à une projection publique de l’émission « parole directe » avec JL Mélenchon sur TF1, suivie d’un débat, que nous avions organisé dans un café de la ville.

Au cours de la soirée, nous avons noté une trentaine d’interventions parmi lesquelles trois citoyens « non encartés » à une des composantes du Front de Gauche.

C’est à partir du regard porté sur l’actualité que le débat s’est engagé : l’accélération de la rigueur sur l’ensemble de la zone euro souhaitée par les marchés financiers avec de nouveaux milliards qui seront ponctionnés sur l’emploi, les salaires, la protection sociale, alors qu’en l’espace de deux ans, 4500 milliards d’euros ont été donnés par les Etats européens aux banques privées sous forme d’aides publiques. L’exemple de PSA Aulnay qui a reçu 3 milliards d’argent public pour soutenir l’emploi et qui pourtant en 2011 fermera trois sites, est un exemple. C’est un « tsunami social » dans notre département alors qu’il n’y a pas de crise dans l’automobile, s’est indignée une intervenante.

Il a été ainsi souligné que la crise et la récession inédite qui se précise sont le résultat des politiques d’austérité pour chercher à imposer aux salariés un gigantesque recul avec un seul objectif : continuer à financer la rente d’une poignée d’ultra riches. La protection sociale, la durée du travail, le salaire minimum, les entreprises publiques, tout ce qui reste encore du modèle social occidental doit disparaître.

Face à cela, la question a été posée : les peuples doivent-ils s’incliner devant le diktat des marchés et de leurs agences de notation, au mépris de toute démocratie, ou bien les citoyens peuvent-ils prendre le contrôle sur l’argent et imposer leur volonté aux banques et aux grands groupes privés ?

Si parmi les forces politiques, le Front de Gauche  apporte à cette question une réponse de progrès, il a été déploré que faute de volonté de s’en prendre à la domination des marchés financiers, le Parti Socialiste et Europe Écologie Les Verts s’alignent sur les recettes de la droite.

Pour sortir de la crise et relancer la croissance sur des bases saines, une intervenante a rappelé que la priorité pour le Front de Gauche, s’il accède au pouvoir, serait de s’attaquer à la domination des marchés financiers qui met les pays et les peuples sous tutelle au mépris de la démocratie, de reprendre le contrôle sur l’argent avec la création d’un pôle public et financier pour ne plus être sous la coupe des agences de notation et de donner la priorité au travail sur la finance en augmentant les salaires, en créant des emplois dans les services publics, en réinstaurant la retraite à 60 ans.

Une autre intervenante a posé d’emblée la question : comment faire pour résister et peser, sinon d’être encore plus nombreux pour être plus fort et se donner du courage pour lutter tous ensemble.

Un citoyen intéressé par la démarche du Front de Gauche a proposé d’engager une campagne de proximité pour expliquer d’une manière pédagogique que l’argent existe (le passage des 10 points du travail vers le capital) et qu’il peut et doit être redirigé vers les salaires. Il estime que le smic à 1700 euros est une proposition crédible : l’ensemble des profits exorbitants des sociétés du CAC 40 permet de dégager des centaines d’euros supplémentaires chaque mois pour les 24 millions de salariés. C’est pourquoi, a-t-il souligné, le smic à 1700 euros n’est pas seulement une revendication sur un point sensible, elle touche au cœur du système capitaliste car elle s’attaque aux profits. Il fait remarquer qu’elle n’est pas portée par les autres candidats.

Plusieurs personnes ont dénoncé que pour éluder et évacuer les questions sociales, les faits divers sont mis en exergue dans l’actualité et, de ce fait, les problèmes sécuritaires mis en avant. Ces discours populistes entraînent une méfiance généralisée, il leur paraît donc impératif de  remettre la question sociale au centre des débats.

Devant « l’inventabilité libérale », un citoyen « non encarté » a fait part de ses doutes sur la possibilité de changer les choses politiquement. S’appuyant sur l’état du monde, mis à part l’Amérique du Sud et devant la tournure des révolutions arabes, il pense qu’il est plus réalisable de « bouger » la situation sur le plan local. Ainsi, il est convaincu qu’un programme local de gauche pertinent sera plus susceptible d’intéresser et d’être porté par les citoyens et les associations locales.

Cette intervention fait réagir : dans quelle société veut-on vivre ? Derrière les marchés financiers, il y a des hommes et des femmes identifiables qui ont tout intérêt à rester anonymes par peur que les peuples prennent leur affaire en main. Ainsi l’Argentine, malgré les injonctions du FMI qui recommandait une politique d’austérité, a, 10 ans après, relancé son économie. Cet exemple montre qu’un pays seul peut aller contre l’avis du FMI. C’est une question de volonté politique. L’exemple du peuple irlandais qui refuse de rembourser la dette est également évoqué.

Le rejet par les dirigeants européens de la décision du 1er Ministre grec Papandréou de consulter le peuple grec montre à quel point les gouvernements et les marchés financiers craignent la démocratie. Les peuples font peur et même si dans les pays arabes, la démocratie a du mal à se concrétiser, il faut créer des collectifs qui permettent de travailler ensemble et mettre notre intelligence en commun pour que les gens vivent mieux. Si ces idées là sont majoritaires dans le pays, et cela n’exclut pas les batailles locales, le cours des choses bougera fondamentalement.

Dans la discussion, l’accent est mis sur le fait que si la campagne électorale est un moment fort pour débattre avec les gens, il ne faut pas avoir comme seul horizon politique les élections. Nous sommes face un tournant de civilisation qui impliquera de continuer à lutter.

Un intervenant rappelle que les députés vont débattre du budget et se retrancher derrière la crise pour adopter des mesures pour lesquelles ils n’auront pas reçu de mandat du peule. Interpelons-les, suggère-t-il, le peuple n’a pas à payer la dette. Il l’a déjà largement payé. A cet effet, il invite chacun-e à participer samedi 17 décembre à l’initiative du Collectif Front de Gauche de la circonscription qui consistera à former un cortège de voitures habillées d’affiches reprenant des slogans relatifs à la crise financière, la dette, les propositions alternatives du Front de Gauche et l’urgence à s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre. Cette caravane sillonnera les quatre villes (Neuilly Plaisance, Neuilly sur Marne, Noisy le Grand, Gournay sur Marne)

Une autre personne évoque la problématique du vivre ensemble : que faisons-nous du bien commun et comment organiser la riposte. Dans les assemblées citoyennes, des souffrances privées intimes, en dehors de la question du politique, s’expriment. La souffrance privée doit être repolitisée. Il ne s’agit pas seulement d’avancer des arguments, explique-t-elle ; c’est le « comment faire », le « comment du dialogue », le « comment de la pratique » et du « vivre ensemble » qui sont posés.

De cette discussion où ont été évoquées la colère, la peur, l’insécurité, les questions sociales et économiques, la résistance et les batailles à mener, ressort qu’il est plus que jamais nécessaire de donner la parole aux gens et donc d’aller au-devant de toutes celles et ceux qui ne viendront pas dans nos réunions, notamment les jeunes. Il faut réfléchir à de nouveaux modes de communication qui complèteront ceux déjà utilisés.

La dette et le pouvoir d’achat sont deux thèmes sur lesquels le collectif Front de Gauche préparera un argumentaire pour aider à la discussion dans les quartiers.

A la fin de la réunion, plusieurs personnes ont laissé leurs coordonnées et ont fait part de leur intérêt pour participer à l’assemblée citoyenne programmée le vendredi 20 janvier 2012 (en centre ville).

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