Expression des retraités communistes de la 3eme circo du 93

Cette année, les élections nous donnent l’opportunité de recommencer ensemble un échange sur les questions politiques qui concernent les retraités. Lors de l’assemblée générale du collectif retraité de Seine-Saint-Denis du 26 mars. Le débat à permis entre autre de faire 2 constats et, à partir de ces constats, faire des propositions, notamment celle d’envoyer un texte à Pierre Laurent et J L Mélenchon qui reflète le débat de l’AG

1er constat: L’importance du nombre des retraités en France

Nous ne mesurons pas assez ce que représentent les retraités dans notre pays, en Seine Saint Denis, dans notre circonscription. Actuellement il y a 21 millions de salariés en France, et 15 Millions de retraités. En S.S.D sur 700 000 électeurs et électrices, (chiffres du début des années 2000) 230 000 retraités:35%. 3000 adhérents retraités au PCF. Dans notre circonscription: Gournay: 1200 retraités30% N/P 3000 27% N/M 4000 25% N/G 6800 25%.Total, 15000 retraités. Ces chiffres montrent que le vote retraité est incontournable pour le rapport de force que nous voulons créer avec le Front de Gauche.

2eme constat: Les retraites et les retraités un enjeu de société

Le retraité est considéré comme une personne à part dans la cité. Est-il un citoyen à part entière ? pas sur! C’est une image dominante qui correspond à ce que veut la droite: nous isoler, nous marginaliser. Faire passer le message que nous sommes un coût pour la société; nous opposer aux actifs, à la jeunesse, etc. Dans le domaine de la division Sarkozy sait faire.

Pourtant ,anciens ouvriers, techniciens , infirmières, cadres, enseignants, etc nous avons fait la France du 20eme siècle, nous avons su par nos luttes syndicales et politiques imposer des avancées sociales.

Une civilisation se mesure par sa capacité ou non à satisfaire les besoins essentiels de toute la population. Elle se mesure donc à sa capacité de satisfaire les besoins essentiels des retraités. Cet enjeu de civilisation dans une société divisée en classes exige des batailles contre ceux qui ne recherchent que le profit. Par ces batailles, au cours des siècles nous sommes passés de la charité publique à l’assistance, de l’assistance à l’épargne individuelle (la capitalisation), de l’épargne individuelle à la mutualisation. Il a fallu le programme du conseil national de la résistance en 1944 pour que le régime de la retraite par répartition, c’est-à-dire la solidarité entre les générations voie le jour. Le principe de la retraite est seulement reconnu pour la première fois comme valeur constitutionnelle dans la constitution du 27 août 1946.

Depuis 1946 c’est au moins 25 Lois ou ordonnances progressistes ou régressives, suivant le rapport des forces du moment, qui ont vu le jour. Cela montre que la question des retraites est un enjeu de société qui concerne les actifs et les retraités.

Avec l’offensive brutale de Sarkozy en 2012 nous sommes sur un pic qui demain s’il est réélu, peut faire basculer la question des retraites dans une spirale régressive infernale. C’est toujours en période de crise du capital que l’on attaque les retraites. Voir en 1935 les gouvernements Laval et Doumergue ou en 1953 le gouvernement Laniel…

Une riposte à la hauteur des enjeux!

Toutefois on sait qu’une bataille telle que celle que nous avons connue en 2010 n’est jamais veine. Il n’a pas fallu 2 ans pour que le meeting du zénith du 31 janvier renvoie comme un boumerang à la droite la question des retraites. Qui plus est, ce meeting où étaient invités les partis de gauche et leur candidat ayant soutenu la lutte de 2010 a fait qu’il a pris un caractère politique. Que maintenant la CGT exige dans une déclaration de sa commission exécutive confédérale un changement de politique pour conquérir la justice sociale à l’occasion d’une échéance électorale, nous qui sommes pour la plupart des militants de la CGT, nous pouvons dire qu’il se passe quelques chose dans l’organisation. Chacun à son créneau, avec le respect de ce que représentent l’un et l’autre, la convergence du mouvement social et du politique revient à l’ordre du jour. Que la question des retraites soit l’un des détonateurs de cette convergence montre combien, répétons le, elle est un enjeu pour les élections et l’après.

La retraite et les retraités « une idée neuve en Europe »

Des penseurs progressistes ont bien saisi cet enjeu en montrant le besoin qu’il fallait reconsidérer le vieillissement de la population à l’aube du 21eme siècle; et à partir de là, comment bien vieillir dans les années à venir. Régis Debray dans un pamphlet sur la vieillesse nous oriente sur une pensée de Saint Juste en 1793 « le bonheur est une idée neuve en Europe » .Remplaçons bonheur par vieillesse et développons l’idée que « la vieillesse est une idée neuve en Europe ». Il essaie de démonter que la politique actuelle vis-à-vis des retraités disqualifie le mot vieux, donne des billes à la droite pour mener l’offensive qui conduirait le retraité à être une personne humaine « dépassée et disqualifiée« . Alors que « l’augmentation du nombre de vieux accompagne le déclin de la vieillesse ». En conclusion, pour lui, plus il ya de vieux plus le vieux rajeunit! C’est là son idée neuve pour le 21eme siècle. Cela pose de nouvelles questions et demande de travailler vite les réponses. L’allongement de la vie, les avancées concernant l’émancipation de la femme, les progrès de la médecine, la réduction du temps de travail etc, peuvent être les points d’appui de son argumentation.

Un autre philosophe connut des communistes, Lucien Sève, avec des arguments similaires, dans un article du Monde diplomatique, appelle à « rajeunir les idées sur la vieillesse« . L’un et l’autre démontrent que le retraité d’hier n’est pas le retraité d’aujourd’hui et encore moins celui de demain.

A nous de faire grandir le retraité du 21eme siècle dans une société toujours plus juste, plus sociale, plus émancipatrice. Sinon les idées rétrogrades pour subordonner l’être humain au pouvoir de la finance s’en chargeront, avec les conséquences dramatiques que l’on peut prévoir, donc anticiper!

Pour un Front de gauche plus offensif!

Or Notre assemblée générale du 26 janvier à constaté que le programme partagé parlait des retraites et des retraités d’une manière trop restrictive. Il ne répond pas à la question: quel place quel rôle des retraités dans la société que nous voulons bâtir? Jusqu’à présent ni le programme ni le candidat n’abordent le besoin de « rajeunir les idées sur la vieillesse » qui tiennent compte de l’évolution de la société dans ce domaine. Pourtant les retraités, aujourd’hui encore plus qu’hier, ont un éminent rôle social à jouer en prenant en compte leur expérience dans la vie active et leur disponibilité. Ils sont souvent engagés, dans la vie politique, syndicale, associative, culturelle, familiale. Ils sont donc en grande majorité présents sur les terrains de la solidarité, de la proximité et de l’émancipation humaine, donc utiles ! Ils sont donc fondés à demander que cette place soit reconnue dans la société.

Alors oui, ça vaut vraiment le coup de placer dans « L’HUMAIN D’ABORD » de manière beaucoup plus évidente, (et d’en faire état partout où le Front de Gauche prend des initiatives), cette perspective : faire de cette tranche de vie après le travail un nouveau temps d’enrichissement de la vie personnelle, d’épanouissement de la vie culturelle, de développement des solidarités, pour mieux continuer de participer à l’évolution humaine. C’est dans cet esprit que le Front de Gauche doit mener une politique en direction des retraités, où se conjugueront une vie meilleure, le respect de la personne et son apport à tout ce qu’il ya d’humain dans l’évolution de la société.

A partir de cette exigence nous proposons que le front de Gauche et son candidat portent haut l’idée, que les retraités sont une chance et non une adversité pour la société que nous voulons construire. C’est à partir de cette démarche qui peut paraître loin des préoccupations quotidiennes des retraités, mais de notre point de vue indispensable, pour justifier nos revendications que nous mobiliserons pour les votes à venir et les luttes. L’un n’excluant pas l’autre.

Par exemple nous pensons que la question du niveau des retraites, du pouvoir d’achat qui en découle, sont liés non seulement à l’emploi exercé par le retraité lors de sa vie active, mais aussi à la reconnaissance de son apport à la société en tant que retraité. Faire passer cette idée c’est renforcé sa motivation pour lutter.

Cela exige qu’il n’y ait plus de retraite de 777€(Minimum vieillesse actuel), que globalement les femmes n’aient plus, (chiffre officiel), une retraite au niveau médian de celle des hommes! Que l’égalité homme femme soit non seulement reconnue mais appliquée, tenir compte de la maternité, rejeter l’idée encore tenace du salaire d’appoint considéré comme une indemnité pour la vie du ménage, ce qui maintien la femme sous domination économique. Pour que ces situations qui tirent vers le bas la vie de tous les retraités n’existent pas nous revendiquons:

1 Le minimum mensuel à percevoir pour toute personne âgée à 1700€ brut. La cgt réclame 300€ pour tous immédiatement.

2- Revoir les conceptions des maisons de retraite. Le prix demandé ne devrait pas dépasser le montant de la retraite.

3- Agir tout de suite pour l’arrêt des fermetures des hôpitaux, et reconstruire un service public de santé basé sur la proximité et la qualité des soins.

4-le maintien et l’extension des centres de santé avec renforcement de moyens aux collectivités locales.

5-Une véritable prise en charge par la sécurité sociale de la prévention de la perte d’autonomie.

6-La mixité sociale et intergénérationnelle dans l’habitat et la création d’un service public spécifique pour le maintien à domicile des personnes retraitées, doté de personnel qualifié et convenablement rémunéré.

7-Un titre de transport à tarif réduit (50%) pour tous les retraités.

8-Une politique de sécurité qui permette aux retraités de vivre sans la peur d’une agression. Dans les cités le mal vie est réel. On ne peut pas rester sur le discours, remettre à demain les solutions. «  Répondre concrètement à une situation concrète c’est être révolutionnaire » disait Lénine. Nous avons des vécus dans notre circonscription, cherchons par tous les moyens à recréer des liens sociaux, les associations de locataires peuvent être l’endroit. Il faut exiger des moyens, la police est là pour assurer notre sécurité. C’est son premier devoir et non pas celui de contrôler suivant le faciès.

Cher-e-s camarades nous sommes tous ici engagés dans les campagnes électorales. Nous ne reviendrons donc pas sur les autres sujets, notamment les moyens pour satisfaire ce programme. Et où prendre l’argent ?

Cette réunion n’est pas une fin en soi mais une participation à ce qu’il faut bien appeler une « révolution dans la gauche »

Nous militants et militantes communistes depuis des décennies, nous qui avons tant souffert de l’usurpation de notre idéal; nous qui n’avons jamais perdu l’espoir ; nous qui avons initié le front de gauche, ça fait du bien à nos vieux os et nous motive pour continuer notre combat.

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