Stop à l’austérité pour nos villes, pour la Seine Saint Denis, pour nos vies !

ELUS 93

Appel adressé au Président de la République et au gouvernement

Pour nos villes, pour la Seine-Saint-Denis, pour nos vies, STOP à l’austérité !

Nous, élu-e-s de Seine-Saint-Denis, refusons de nous soumettre à la politique d’austérité à laquelle l’État contraint les collectivités territoriales pour résorber la dette publique nationale. Dette aucunement due à des dépenses excessives des collectivités. Nous le constatons, une nouvelle fois, lors de l’élaboration des budgets 2016 des communes et du Conseil départemental.

De la manière la plus injuste qui soit, le gouvernement diminue les dotations financières aux communes et aux départements. Qu’importe les sacrifices, il faut d’abord assurer les cadeaux aux entreprises :

  • Moins 12 milliards € pour les collectivités, au mépris total des conséquences sur la population ou sur les petites entreprises locales.
  • Mais 20 milliards € de cadeaux fiscaux aux entreprises par le biais du CICE

Pour 2016, en Seine-Saint-Denis, les communes seront privées de plusieurs centaines de millions € et le Conseil départemental, de 22 millions € pendant que le gouvernement offre 116 millions € de CICE aux grosses entreprises de notre territoire. Sans effet sur l’emploi ! Les licencié-e-s de PSA et tant d’autres encore, en savent quelque chose.

Cette baisse des dotations est d’autant plus insupportable pour le Conseil départemental. Les allocations de solidarité (Revenu de solidarité active (RSA), l’Allocation départementale personnalisée d’autonomie (ADPA) et la Prestation de compensation du handicap (PCH)), que le Département a l’obligation de verser, sont en pleine explosion du fait de la précarité croissante des habitant-e-s et les dépenses propres au vieillissement et au handicap. Et la compensation financière de l’Etat représente à peine plus de la moitié de cette dépense (2 milliards € d’écart en 12 ans) !

A lui seul, le RSA représente plus de 450 millions € d’allocations versées à l’année. Or, le Conseil départemental assurera seul 140 millions € pour ce filet social essentiel à plus de 100 000 Séquano-dyonsien-ne-s, qui l’échangeraient plus sûrement contre un emploi durable et bien payé.

Dès lors, dans l’obligation légale de présenter un budget « en équilibre », les communes et le Conseil Départemental sont contraints à des choix budgétaires drastiques : puiser dans leurs recettes de plus en plus maigres ; diminuer, pour le Conseil Départemental, le soutien financier aux communes ; augmenter les impôts ou encore augmenter leurs dettes, quand les banques acceptent de prêter. Et ne prêtons aucune attention à la droite nationale qui s’en offusque. Les mêmes ont d’ores et déjà déclaré que leur retour aux affaires débuterait par une coupe de 100 milliards € de dépenses publiques !

Alors que l’urgence sociale s’amplifie, le gouvernement enfonce une nouvelle fois le clou en diminuant les moyens d’action des collectivités et les conduisent dans une dangereuse impasse financière. Qu’importe si les besoins humains ne sont plus satisfaits.

Nous ne sommes pas d’accord avec ces politiques nationales. Face à ce renoncement, il n’y a pas de fatalité. Si nos collectivités disposaient des moyens qui leur sont ainsi volés, elles mèneraient d’autres politiques efficaces au principe inaliénable de la satisfaction des besoins humains et non de la recherche permanente d’économies et de cadeaux à ceux qui ne rendent rien.

Rassemblé-e-s et déterminé-e-s, nous engageons une mobilisation populaire et citoyenne adressée au Président de la république et au gouvernement par un appel pétition en ligne à signer ici.

Nous exigeons de l’État :

  • l’arrêt de la baisse des dotations de l’État et leur rétablissement immédiat pour les communes et le département ;
  • la renationalisation du financement du RSA. L’État doit reprendre à sa charge l’intégralité de cette dépense, sans conditions, au titre de la solidarité nationale 
  • le versement au Conseil départemental des 140 millions € permettant de verser l’intégralité du RSA pour cette année.

Bobigny, le 12 février 2016

ELUS FDG 93

LETTRE DES ÉLU-E-S FRONT DE GAUCHE AU CONSEIL RÉGIONAL D’ÎLE DE FRANCE

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Édito de Céline MALAISÉ
Une semaine après la tenue de la première séance du Conseil régional où notre groupe s’est opposé de façon responsable et déterminée au projet de Mme Pécresse, nous avons organisé la première cérémonie des vœux du groupe qui fut un véritable succès.
Près de 250 personnes étaient réunies autour des élus de notre groupe ce vendredi 29 janvier ! Le nombre et la diversité des présent-e-s rend compte des attentes à la fois de notre sensibilité politique et du mouvement social de se retrouver et de partager ce type de moment convivial et important symboliquement au sein d’une institution qui entend, on l’aura bien compris, défaire l’ensemble des acquis sociaux que la majorité précédente avait mis en place.
Vous pouvez compter sur nous pour porter nos valeurs, la voix des salarié-e-s, des associations, des usagers des services publics !

Discours de Céline MALAISÉ, présidente du groupe
Bonsoir à toutes et à tous,

C’est avec un vrai plaisir que je tiens à vous remercier d’avoir répondu si nombreux à notre invitation, pour ces premiers vœux du groupe Front de Gauche PCF, PG, Ensemble, R&S, que j’ai l’honneur de présider.

Avec l’ensemble de nos élus ici présents que je voudrais vous présenter : Clémentine Autain, Lamine Camara, Eric Coquerel, Taylan Coskun, Sylvie Fuchs, Vanessa Ghiati, Fabien Guillaud-Bataille, Michel Jallamion, Didier Mignot et Jean-Michel Ruiz, tous ensemble donc, nous vous souhaitons une belle et heureuse année 2016, pleine d’espoirs et de succès.

Ce souhait, nous vous l’adressons d’abord à titre personnel, à chacun d’entre vous. Et nous le formulons aussi, bien sûr, dans la perspective des projets, des engagements, des luttes collectives que nous partageons et qui nous rassemblent ici.

Cette nouvelle année, nous espérons de tout cœur la voir meilleure que la précédente, qui fut une année très dure, éprouvante, durant laquelle le climat social et politique s’est considérablement assombri. Aucun d’entre-nous, je crois, ne pourra oublier le déchainement des violences terroristes qui s’est abattu sur le pays, dont Paris et toute notre région ont particulièrement souffert. Des attaques terroristes qui cherchent à ébranler notre pacte républicain qui s’est établi au cours de notre Histoire sur le socle des idées des Lumières et des principes de la Révolution française. Ce pacte républicain qui est le cadre commun qui nous permet de vivre ensemble.

Nous avons bien sûr aussi toutes et tous en tête le contexte politique national dans lequel nous sommes. Un contexte qui résulte pour grande partie des choix désastreux d’un gouvernement qui assume désormais pleinement son adhésion à l’ordre néolibéral, qui a renoncé, voire s’est opposé aux progrès de société et qui renie des valeurs intrinsèques à l’identité de la gauche. Avec pour résultats, l’aggravation des inégalités, l’enrichissement des plus riches, la poursuite de la destruction des services publics, des droits sociaux, du code du travail, une hausse inédite du chômage, un désespoir croissant des populations, et par là même un niveau de tensions sociales extrêmement préoccupant. Comment supporter que dans notre pays 3,8 millions de personnes soient mal logées et que plus de 15 millions soient touchés par la crise du logement soit près d’un Français sur 4 ? Comment tolérer qu’un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté ? Et que les politiques publiques menées à la tête de l’État n’enrayent rien.

Tout cela se traduit inévitablement dans les urnes, par des résultats tout aussi préoccupants : préoccupants pour la gauche dans son ensemble, qui paie le prix de ces renoncements gouvernementaux, préoccupants aussi au vu de la progression de l’extrême droite qui apparaît inexorable, et du retour d’une droite qui, pour ne pas être en reste, se durcit chaque jour davantage dans ses discours et dans ses actes. Sans oublier un niveau d’abstention massif, en particulier parmi les classes populaires et les jeunes, qui témoigne d’une défiance très forte à l’égard du politique.

Cette entrée en matière est bien sombre, me direz-vous… Et pourtant, pour reprendre les mots de Gramsci, il nous faut plus que jamais allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté !

C’est cette perspective que proposait également Bertoldt Brecht en 1933, à tous ceux qui hésitaient alors qu’il était minuit dans le siècle. Voici ses mots :

« Tu dis : Pour nous les choses prennent un mauvais pli / Les ténèbres montent / Les forces diminuent / Maintenant, après toutes ces années de travail / Nous sommes dans une situation plus difficile qu’au début / Et l’ennemi se dresse plus fort qu’autrefois / On dirait que ses forces ont grandi / Il paraît désormais invincible / Nous avons commis des erreurs, nous ne pouvons plus le nier / Nous sommes moins nombreux / Nos mots sont en désordre / Une partie de nos paroles / L’ennemi les a tordues jusqu’à les rendre méconnaissables / Qu’est-ce qui est faux dans ce que nous avons dit / Une partie ou bien le tout ? / Sur qui pouvons-nous compter ? / Sommes-nous des rescapés, rejetés d’un fleuve plein de vie ? / Serons-nous dépassés ne comprenant plus le monde et n’étant plus compris de lui ? / Aurons-nous besoin de chance ? / Voilà ce que tu demandes / N’attends pas d’autre réponse que la tienne. »

Ces mots ont une résonance toute particulière aujourd’hui. Nous devons donc regarder avec clairvoyance cette période grosse de dangers et pleine de périls.

2016 sera une année capitale. Nous devrons être lucides pour enrayer la logique des échecs essuyés depuis 2012, pour sortir notre camp de la sidération et de la tétanie. Il nous faudra être présents pour faire entendre notre voix, la force de nos convictions et de nos projets, sur tous les terrains, face aux enjeux majeurs qui sont devant nous :

Sur le terrain social, il y a d’abord l’urgence et la nécessité de stopper la dégradation du rapport de force entre les classes, qui voit aujourd’hui l’accumulation et la monopolisation des richesses. Les 1% les plus riches possèderont bientôt 50% des richesses mondiales alors que l’accès des plus faibles aux ressources et aux droits les plus élémentaires comme la santé, l’éducation, le logement, la culture, et des conditions de travail dignes, tend à régresser sensiblement. En France, la baisse de l’espérance de vie et particulièrement celle de l’espérance de vie en bonne santé doit nous alerter sur le prix de la crise payé par l’humain.

Nous nous trouvons aussi face aux défis d’une société française de plus en plus fracturée, où nos concitoyens sont davantage divisés en fonction de leurs origines sociales et ethniques, de leurs pratiques religieuses. 70% des immigrés originaires d’Afrique subsaharienne ayant obtenu la nationalité française pensent ainsi qu’on ne les perçoit pas comme Français et leurs enfants nés en France sont encore 56% à penser la même chose. Ce constat montre particulièrement à quel point la question identitaire a supplanté celle de l’égalité dans le débat d’idées.

Cette bataille idéologique nous sommes en passe de la perdre. Un bloc droitier a retrouvé de la vigueur en mobilisant ses troupes sur des valeurs réactionnaires : l’homophobie et la famille traditionnelle comme valeurs refuge face à un monde mondialisé et incertain. La manif pour tous a été pour une génération une première expérience militante fondatrice sur des valeurs d’exclusion et régressives, notamment pour une partie de la jeunesse. Elle trouve d’ailleurs une traduction électorale ici même à la Région. Cette droitisation du débat politique s’est renforcé à la faveur du climat de terreur créé par les attentats, de même qu’avec les réactions de repli et les fantasmes suscités par la question des réfugiés. Cette droite rétrograde a aussi profité des renoncements et des fautes graves d’un gouvernement aujourd’hui prêt à basculer par-dessus bord des principes républicains fondamentaux comme l’unité et l’indivisibilité de la République, ou la valeur mère à gauche, celle de l’égalité. Ouvrir la boîte de Pandore de la déchéance de nationalité est une rupture morale, une fêlure qui va bien au-delà des désaccords que nous avions jusqu’alors avec l’exécutif sur la politique économique et sociale. Constitutionnaliser l’état d’urgence inscrit à nouveau la Vème République dans ce que d’aucun appelait alors un coup d’État permanent.

Et de fait, le Front national a aujourd’hui la part belle pour se poser en solution politique crédible à toutes les crises, et pour peser de tout son poids sur ce bloc droitier, voire au-delà.

Face à ces perspectives, il faut bien le dire, les nôtres se trouvent traumatisés, et comme tétanisés. Nous nous demandons tous, légitimement, si nous avons bien été à la hauteur des exigences actuelles. Nous sommes d’accord, je crois, sur la nécessité de prendre la mesure du désarroi du peuple de gauche, et sur l’obligation de faire mentir le scénario écrit pour 2017 qui verrait l’élimination d’une candidature de notre camp social et politique dès le 1er tour.

Pour échapper à ce piège, pour reprendre le chemin du progrès humain, il est impératif que la gauche appelée communément anti-austérité joue un rôle moteur, soit une force de proposition vis-à-vis de l’ensemble des forces vives progressistes. Il est impératif qu’elle y porte une ambition majoritaire et agisse pour la construction d’un nouveau pacte social et républicain.

Aujourd’hui, les débats sont ouverts et c’est une bonne chose. Toute initiative pour construire une candidature de gauche en 2017, portant un projet de gauche et défendant des valeurs de gauche, est positive. C’est un levier pour bousculer ce qui apparaît comme inéluctable, pour sortir notre camp de l’ornière. Bien sûr, la personnalisation extrême de la présidentielle peut être un piège. Mais ne rien faire l’est encore plus. Il faudra, c’est sûr, clarifier, lever les ambiguïtés mais c’est le seul chemin à emprunter pour contredire prédicateurs et sondeurs. Là où il y a une volonté, il y a un chemin.

Comme le soulignait récemment l’historien Patrick Boucheron dans sa magistrale leçon inaugurale au Collège de France : « Rien n’est plus mortifère que de faire de l’Histoire une machine à fabriquer des leçons de désespoir (…) que de se résoudre à un devenir sans surprise, à une histoire où plus rien ne peut survenir à l’horizon, sinon la menace d’une continuation. Ce qui surviendra, nul ne le sait. Mais chacun comprend qu’il faudra, pour le percevoir, être calmes, divers, et exagérément libres. »

Et puisque nous évoquons l’Histoire et comme 2016 sera l’année des 80 ans des conquêtes sociales du Front populaire, comment ne pas évoquer l’extraordinaire élan d’espoir suscité par celui-ci : comment ne pas évoquer cette unité du mouvement ouvrier qui a permis d’éviter l’installation d’un régime fasciste en France et comment ne pas évoquer cette alliance entre le socialisme et la République qui a su être porteuse de progrès humains pour le plus grand nombre.

Sans nostalgie, mais au contraire en mesurant les défis présents pour penser l’avenir, alors que certains veulent nous ramener au 19e siècle, il nous faut garder en tête ces moments où la grande Histoire a été l’histoire de celles et ceux qui ne possédaient rien mis à part leur force de travail. Ces moments où le mouvement ouvrier (partis politiques, syndicats, intellectuels…) a su s’unir pour conquérir et exercer le pouvoir au service de son camp.

Comparaison n’est pas raison mais dans une direction similaire, des signes positifs apparaissent en Europe du Sud, en Espagne, au Portugal, et même si les pièges et les obstacles restent nombreux, cela doit nous encourager.

Il nous faut donc travailler à la recomposition d’une gauche unie autour d’un projet de progrès social et écologique, fière de ses valeurs et portant une perspective majoritaire à même de fédérer le plus grand nombre et de changer la vie de millions de personnes.

Sans aucun doute la Région Île-de-France est l’un des lieux où ce travail doit s’engager. Le contexte général que je viens d’évoquer nous a conduits aujourd’hui dans l’opposition. Mais malgré la défaite, nous n’avons pas à rougir de la campagne que nous avons menée, qui fut difficile, ni de notre projet régional – un projet ambitieux que nous continuerons, avec vous toutes et tous, à porter avec conviction.

La première séance plénière qui s’est tenue la semaine dernière a donné un avant-goût plutôt amer de ce qu’allait être ici la politique menée par la droite pour les années à venir.

Valérie Pécresse a choisi d’emblée des mesures très symboliques. Par la première délibération du mandat, elle supprime la tarification sociale dans les transports pour les sans-papiers bénéficiaires de l’AME. Concrètement cela revient à supprimer pour 110 000 personnes qui vivent avec moins de 8650 euros par an, donc sous le seuil de pauvreté, une réduction leur permettant d’avoir accès à la mobilité. Cette mesure honteuse, elle la justifie cyniquement par nécessité de rétablir la justice sociale, en expliquant que ces étrangers en situation irrégulière payeront désormais 70 € par mois. Dans quel monde vit-elle ? Cela ne reviendra qu’à ajouter de la précarité à la pauvreté et à pousser soit à la fraude soit à l’isolement. Stigmatiser, diviser, retirer des droits, se faire féliciter par le FN, voici résumé la 1ère mesure de la droite régionale. Nous nous y sommes bien évidemment opposés et nous n’avons pas encore dit notre dernier mot pour faire échouer cette mesure inique.

Dans la foulée, a été créé un « conseil de l’attractivité » qui réunira comme seuls interlocuteurs pour le développement économique des grands chefs d’entreprises. En d’autres termes, ce sera une porte ouverte au MEDEF à la Région. Et pour finir, Valérie Pécresse a installé un « bouclier sécurité » qui consiste à être un empilement de mesures irréalistes, voire surréalistes, tendant à faire de la Région un substitut aux missions régaliennes de l’État, pour concrétiser les fantasmes sécuritaires d’une droite chassant désormais sans vergogne sur les terres de l’extrême droite.

Le Front national, désormais de retour dans l’hémicycle, aura il faut bien le dire, une certaine capacité de nuisance. Le parasitage sera même son unique objectif, puisque ses représentants ont officiellement déclaré ces jours-ci que l’échelon régional ne les intéressait pas ! On voit à quel point ces gens se moquent des Franciliens.

Face à cela, notre groupe s’est placé d’emblée dans une opposition active et déterminée, en s’opposant pied à pied, en argumentant sur le fond, en mettant en avant nos valeurs et nos propositions concrètes. Ce qui nous a posés d’emblée comme l’un des groupes d’opposition les plus actifs et les plus crédibles de cette assemblée.

Et c’est bien dans cette démarche que nous entendons rester jusqu’à la fin de ce mandat !

Il le faudra, car la droite va détruire une par une, dispositif par dispositif, les politiques publiques que nous avons contribué à construire les années passées.

Toutes ces mesures prises dans le domaine social, écologique, économique, éducatif, culturel, pour le droit à la mobilité de toutes et tous, pour le logement, pour un soutien au monde associatif, pour les quartiers populaires, pour les droits et la participation de la jeunesse, pour les droits des femmes et contre les discriminations, pour réduire les inégalités territoriales ; tout ce que nous avons construit collectivement avec les associations, les syndicats, les salariés en lutte, les usagers des services publics, représente des acquis inestimables.

Rappeler cela n’est pas de la nostalgie, encore moins un dépôt de bilan, mais c’est surtout pour que nous prenions bien la mesure de ce dont notre groupe est le dépositaire. Et de ce qui sera, dans un avenir proche, menacé.

Toutes les avancées que nous avons impulsées ou élaborées, tout ce qui s’inscrivait dans une démarche que nous avions qualifiée de transition écologique et sociale, tout ceci nous semblait correspondre à une logique évidente de progrès pour les populations et les territoires d’Île-de-France. Cela allait, pour ainsi dire, dans le sens de l’Histoire. Cela paraissait aller de soi ; sans tomber dans l’autosatisfaction, et tout en ayant parfaitement conscience de l’immense chemin restant à parcourir dans cette direction.

Aujourd’hui cependant, même si nous aimerions ne pas présager du pire, nous craignons justement que plus rien n’aille de soi, et de voir l’histoire s’écrire à rebours.

Pour ce nouveau mandat qui nous a été confié, il est clair que nous n’aurons pas les armes au pied. Nous défendrons nos acquis et ceux de la gauche, mais nous entendons aussi aller de l’avant, continuer à valoriser notre projet, à proposer du concret, à faire progresser par les faits, dans les mobilisations, de même que sur le terrain des idées, notre vision solidaire et écologique des politiques régionales.

Je voudrais m’adresser à toutes celles et ceux qui sont ici nombreux, qui s’investissent dans les associations, dans les syndicats, qui luttent pour les droits, pour l’égalité et la justice, contre le racisme et l’homophobie, pour la défense des services publics, pour l’environnement et le climat, à tous les élus locaux, pour vous dire que nous serons attentifs à entretenir et à renforcer les liens de travail commun et de coopération que nous avons pu tisser avec vous jusqu’à présent.

Nos actions doivent être complémentaires, et dans ce contexte, certainement plus coordonnées encore, pour faire progresser nos idées et nos valeurs, et atteindre nos objectifs. Nous comptons sur vous et vous pourrez compter sur nous pour porter vos revendications.

Nous le ferons sur le terrain des transports, avec Fabien Guillaud Bataille, qui représentera le groupe à la commission transports et au STIF. Nous porterons la voix des usagers, des élus locaux, et des salariés des opérateurs de transports, qui font vivre et assurent la qualité de ce service public.

Dans ce domaine les besoins restent immenses, et nous veillerons à ce que les grands investissements engagés ces dernières années sur les RER, les bus, les prolongements de lignes de métro, sur le Grand Paris Express, soient poursuivis, dans le respect des délais. Nous réclamerons aussi davantage de recrutements à la RATP et à la SNCF, pour assurer une meilleure présence humaine sur les réseaux.

Nous défendrons avec opiniâtreté le droit à la mobilité, à l’accès de toutes et tous aux transports en commun. L’enjeu de la tarification, on l’a vu, a été reposé d’emblée par Valérie Pécresse. Sur le pass Navigo, là aussi les déclarations de la présidente de Région doivent nous alerter. Il faut trouver 300 millions pour financer ce pass. Nous l’avons dit et nous le redirons : il est hors de question que les usagers et les collectivités soient encore sollicités, et servent éternellement de variable d’ajustement budgétaire. De même, il est impensable que la Région sacrifie ses politiques.

Nous avons des propositions de financement sérieuses et justes : il faut obtenir du Gouvernement une réforme du versement transports, avec des hausses territorialement modulées mais ambitieuses de cette taxe. Il faut mettre à contribution les parkings des grandes entreprises de bureaux et des centres commerciaux, et obtenir le retour de la TVA transport à 5,5%.

De la même façon, sur le logement, les enjeux sont grands. Avec Taylan Coskun, qui interviendra dans cette commission, nous continuerons à défendre ce droit fondamental, et pour lequel il reste tant à faire. L’objectif que nous avions inscrit au SDRIF, de 70 000 logements par an, dont 30% de logements sociaux doit être maintenu, avec en ligne de mire le rééquilibrage Est-Ouest en matière de logements et d’emplois ! Nous nous battrons également pour que les aides régionales aux logements très sociaux, aux copropriétés dégradées, et à la lutte contre la précarité énergétique restent prioritaires. Nous serons aussi sans concessions concernant les villes, toujours de droite, qui ne respectent pas les préconisations de la loi SRU en nous opposant à celles qui bénéficient d’aides.

Sur l’éducation et les lycées, nous avons un héritage important, et c’est Eric Coquerel qui pour le groupe se chargera de veiller à ces questions. Les liens construits avec les enseignants, les parents d’élèves, les personnels TOS et les organisations lycéennes seront précieux, pour veiller à ce que les établissements franciliens soient des lieux où l’égalité des droits et la réussite scolaire ne sont pas de vains mots. Nous serons les meilleurs défenseurs du service public d’éducation.

Concernant le développement économique, qui sera suivi par Vanessa Ghiati, les défis sont aussi très importants. On l’a vu, le souci premier de Valérie Pécresse est de solliciter l’avis des patrons pour orienter sa politique. Nous sommes en total désaccord ! L’économie francilienne est certes en partie conditionnée par la présence de grands groupes, dont il faut tenir compte, mais avec lesquels il faut être très exigeants. C’était d’ailleurs le sens de notre première question d’actualité, concernant le scandaleux plan social de 800 emplois lancé par Alstom. Notre tissu économique est fait d’une grande diversité d’acteurs, qui doivent retenir toute notre attention : les PME-PMI, les salariés et leurs syndicats, les associations œuvrant pour l’emploi, contre le chômage et la précarité, pour l’environnement. C’est aussi tout le domaine prometteur de l’économie sociale et solidaire.

Dans cette politique, la formation professionnelle joue également un rôle majeur. Nous continuerons à défendre le principe d’un service public de la formation professionnelle, avec un apprentissage de qualité, alliant formation scolaire et expérience professionnelle. Et c’est Michel Jallamion qui portera notre voix sur ces questions.

Car rendre la région attractive, ce n’est pas l’offrir à la prédation financière des groupes, c’est aussi veiller à la qualité de vie, aux conditions de formation et de travail de ses salariés, avec un partage des richesses favorable à toutes et tous, sur tous les territoires.

Cette qualité de vie, ces équilibres territoriaux, ce sont aussi les enjeux de l’aménagement du territoire, et des bouleversements engagés par la mise en œuvre du Grand Paris. Les préconisations du SDRIF sont pour nous des repères indispensables, mais au-delà nous veillerons et resterons investis dans la construction d’une métropole solidaire, écologique et citoyenne, laissant la place à l’innovation urbaine et environnementale, et au dialogue entre les territoires. Et ce sera Didier Mignot qui mettra pour nous à profit toutes ses compétences pour défendre ces enjeux. Ce sera également Jean-Michel Ruiz, en ce qui concerne plus particulièrement les questions rurales. Car nous n’oublions pas que l’Île-de-France est aussi une grande région rurale, avec un monde agricole en mutation, qu’il faut accompagner, mais aussi inciter à se tourner vers des pratiques plus durables, tant sur le plan économique qu’environnemental.

La qualité de vie de nos concitoyens, c’est aussi tout l’enjeu de l’action sociale et de la santé, sur lesquels travailleront précisément Clémentine Autain, Jean-Michel Ruiz et Lamine Camara.

Il nous faudra veiller très fortement à ce que l’action pour les droits des femmes, pour lesquels la Région avait particulièrement œuvré, soit poursuivie, et amplifiée. Les ennemis du droit à l’IVG ont une certaine audience dans la nouvelle majorité régionale, il nous faudra les combattre sans relâche, et nous savons que Clémentine sera très mobilisée sur ce point.

Sur la santé, nous resterons très vigilants aussi contre la dégradation que connaît aujourd’hui ce service public, de plus en plus soumis aux logiques financières. Lamine et Jean-Michel auront aussi à cœur de travailler avec les praticiens, les salariés du monde hospitalier, qu’ils connaissent bien, pour défendre ce secteur particulièrement mis à mal. Ils veilleront aussi à développer les formations sanitaires et sociales et à améliorer les conditions d’études de ces étudiants.

Il y a aussi des secteurs d’intervention régionale auxquels nous tenons beaucoup, et que nous craignons de voir particulièrement malmenés par la droite : je pense à l’action internationale, en l’absence de laquelle une collectivité comme la nôtre ne jouerait pas vraiment son rôle. Pour nous, le principe de solidarité doit s’exercer sur le territoire de compétence de la Région ; mais il doit aussi par définition, s’appliquer au-delà, là où les moyens manquent pour lutter contre les ravages de la compétition économique internationale, et pour permettre aux populations de vivre en paix.

C’était par exemple tout le sens du projet de coopération décentralisée avec le gouvernorat de Jérusalem Est, comme du dispositif d’échanges mis en place avec les pays de la rive Sud de la Méditerranée. Il y a là toute une conception de l’action territoriale, et même toute une philosophie de l’action politique, qu’il nous faut revendiquer haut et fort. Ce dont Sylvie Fuchs aura la lourde tâche.

Parmi les secteurs très menacés, je voudrais aussi évoquer celui de la culture, sur lequel interviendra également Clémentine. Ce secteur est particulièrement important en Île-de-France. Il est l’un de ses moteurs économiques. Et pourtant il est aussi l’un de ses plus sinistrés, tant l’État s’en est désengagé depuis des années. La volonté de la Région a longtemps été de contrer cette tendance.

Aujourd’hui ce sont des centaines d’associations, de troupes, de créateurs, qui font la vraie richesse culturelle de la région, voire du pays, et qui sont mis en graves difficultés. Nous n’avons aucunement confiance dans les projets du nouvel exécutif régional en ce qui les concerne.

Et cette inquiétude, il faut le dire, nous l’avons pour l’ensemble du monde associatif francilien, envers lequel Madame Pécresse a lancé des signaux très négatifs, en brandissant la menace des restrictions budgétaires : qu’il s’agisse de culture, d’action internationale, de science, d’environnement, du social, du médico-social, de sport, de défenses des droits, il faut vraiment que nous soyons toutes et tous mobilisés – élus, citoyens, salariés – pour défende ces biens qui nous sont précieux.

Le débat budgétaire d’avril sera l’occasion de refuser la baisse des dotations de l’État qui asphyxie toutes les finances publiques et notamment celles des collectivités. La bataille sera aussi de s’opposer aux choix austéritaires, libéraux, antisociaux et ultrasécuritaires déjà esquissés par Valérie Pécresse.

Voici notre feuille de route que nous aurons à cœur de suivre avec vous.

Je vous remercie, et je vous invite maintenant à partager un moment de convivialité autour du buffet.

DÉBAT CITOYEN À NOISY-LE-GRAND

Affiche DC4

Tout le monde se pose de nombreuses questions, des questions d’ordre économique, scientifique, – reste à trouver les réponses possibles et savoir si nous pouvons les chercher et les améliorer ensemble.

Les médias parlent pêle-mêle de l’espace, de crise économique, de médecine, du réchauffement de la planète,…

Mais trop souvent ils en parlent trop brièvement, sans explications, ou même en assénant comme des vérités des assertions erronées. Et face à eux, le lecteur, ou le téléspectateur ne peut que rester passif, il ne peut pas les interroger, demander des explications…Il manque un lieu où l’on puisse réunir l’information sur ces sujets et la possibilité de discuter cette information.

Agoraphilo avait déjà proposé des conférences sur la Dignité, le Darwinisme, Diderot…

Les Débats Citoyens sont dans cette continuité, des rencontres où une présentation compétente du sujet choisi sera suivie d’un questionnement au sens où chacun pourra apporter sa pierre, et sa critique.

Comme dans toutes nos initiatives, la parole y sera libre. Ce qui permettra de confronter les points de vue dans des débats ouverts à la discussion et constructifs…

 

RENCONTRE AU PAVÉ-NEUF

AFFICHETTE PAVÉ NEUF

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