La lettre d’information du groupe Front de Gauche du Conseil régional d’Île-de-France

ÉDITO
Clause Molière, ou clause Tartuffe ?

A quelques semaines de la présidentielle, Pécresse chasse sur les terres du FN en introduisant dans le débat régional le thème de la préférence nationale comme élément structurant d’une politique publique. A travers la clause dite « Molière » elle veut exclure des marchés publics régionaux les entreprises ayant des salarié.e.s ne parlant pas le français. Cette clause abusive et discriminatoire s’en prend en fait à l’ensemble des travailleurs étrangers présents sur le territoire, sans pour autant régler le problème du dumping social. Les députés de droite au Parlement européen ne se sont d’ailleurs jamais opposés à la directive sur le travail détaché. Plus qu’une clause Molière, c’est donc une clause Tartuffe, une mesure inefficace qui, nous n’espérons, sera probablement retoquée car illégale. A l’inverse, nous avons proposé de mettre fin à l’hypocrisie en interpellant l’Etat pour qu’il régularise les milliers de travailleurs sans-papiers d’Île-de-France, honteusement maintenus dans l’illégalité alors qu’ils contribuent au dynamisme économique de notre région.
Les élu.e.s du groupe Front de Gauche

ZOOM SUR…

Investissements dans les lycées : une opération d’enfumage

 La séance de mars du conseil régional a vu l’examen d’un document particulièrement important : le Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI) dans les lycées franciliens. Mobilisé depuis des mois aux côtés de la communauté éducative francilienne, notre groupe a rappelé les exigences nécessaires pour répondre à ses attentes.
Avec ce PPI, 5,1 milliards d’euros sont annoncés pour construire ou rénover des établissements. Notre groupe qui soutient l’investissement public, ne peut que s’en réjouir, notamment concernant les projets impactant des villes populaires, comme Bagneux ou Montreuil. Pour autant ce plan reste très problématique à plusieurs égards. Tout d’abord, l’absence totale de concertation a provoqué l’indignation de l’ensemble de la communauté éducative, du CESER et de nombre d’élus régionaux.
Sans compter que ce plan n’est accompagné d’aucun calendrier de priorisation des travaux. Aucun bilan annuel n’est prévu, ce qui laissera les mains libres à la droite pour appliquer ou non les décisions d’investissement de notre collectivité, et ce, en fonction de ses propres critères. D’autre part les besoins en équipements sportifs ou en lycées professionnels et agricoles n’ont pas été pris en compte. Enfin, la droite donne priorité aux constructions en Partenariats Public-Privé (PPP), une formule coûteuse et inefficace, qui ne sert qu’à engraisser quelques grands groupes du BTP sur les deniers publics.
En définitive avec ce Plan d’investissement nous risquons d’assister à une vaste opération d’enfumage, qui a pour objectif de mettre en avant l’action de Pécresse en période électorale plutôt que d’améliorer réellement la qualité du service public d’éducation. L’abstention critique de notre groupe lors du débat s’accompagnera donc d’une grande vigilance tout au long de l’exécution de ce plan durant les prochaines années.
Céline Malaisé, présidente de groupe

NOS INTERVENTIONS EN SÉANCE

Économie : protégeons mieux nos PME et les salariés, par Vanessa GHIATI

Avec le Small Business Act, Pécresse entend favoriser l’accès des petites entreprises à la commande publique régionale. Sur le principe, on ne peut qu’y souscrire. En revanche, la région doit aller beaucoup plus loin dans la protection des salarié.e.s, en luttant contre les fraudes au droit du travail. Plutôt que de céder aux sirènes de la préférence nationale avec la Clause Molière (voir édito) Pécresse ferait mieux de faire preuve de courage politique en créant des dispositifs de contrôle démocratique des dépenses publiques en direction des entreprises.
Laïcité : Pécresse joue avec le feu par électoralisme, par Céline MALAISÉ
Sur un thème aussi important de la « charte régionale des valeurs de la République et de la laïcité », Pécresse aurait pu rassembler l’ensemble des forces démocratiques. Ce n’était manifestement pas sa volonté tant le débat a été impossible. Empiétant sur les compétences de l’Etat qui seul peut légiférer sur les libertés publiques, Pécresse a instrumentalisé la laïcité et l’a réduite à la seule neutralité de l’Etat oubliant la liberté de culte et l’égalité devant la loi. Avec l’adoption de cette charte qui s’appliquera aux agents de la région, aux associations et aux usagers des services régionaux, la droite dévoie l’esprit et la loi de 1905 en voulant stigmatiser une partie de nos concitoyen.ne.s.

De nouveaux coups sur les agents régionaux, par Michel JALLAMION

Après le déménagement à marche forcée et les open space imposés, après l’annonce des suppressions de postes, la droite a une nouvelle mauvaise surprise pour les agents. Dans un cadre réglementaire assez flou, des heures supplémentaires seront mises en place pour pallier à la désorganisation des services (que nous dénoncions il y a plusieurs mois déjà). Si nous ne sommes pas opposés à l’expérimentation du télétravail, cela doit s’accompagner de moyens financiers à la hauteur des enjeux, et ne peut se résumer à l’octroi d’un ordinateur.

Culture : organismes associés en danger ! par Clémentine AUTAIN

Sur la politique du spectacle vivant comme sur celle du livre, les orientations annoncées peuvent sembler satisfaisantes. Cependant le diable est dans les détails : on nous annonce de grands objectifs, sans préciser qui les mettra en œuvre, sachant que le budget culture est en baisse. Or, au vu de la situation d’ARCADI, du MOTif et de bien d’autres organismes associés à la Région, nos inquiétudes sont fondées. Ces structures voient leurs missions, leurs financements et leurs postes remis en cause. Pour notre groupe donc, pas de chèque en blanc à la politique culturelle de Pécresse : nous voulons connaître l’avenir des organismes associés.

Expo 2025 : la Région doit être une actrice exigeante, par Vanessa GHIATI

160 000 emplois, 23 milliards de retombées économiques… Le projet d’exposition universelle en Île-de-France en 2025 est à prendre au sérieux. En adhérant au groupement d’intérêt public qui mettra en œuvre l’exposition, la Région devrait s’engager pour que cet événement ne soit pas une vitrine des grandes puissances économiques et financières, valorisant le profit à court terme. Le choix du lieu d’accueil sera primordial, de même que la consultation et l’association des territoires, notamment populaires, au processus. Nous serons également vigilant.e.s à ce que la maîtrise des chantiers d’aménagement soit publique.

Pour développer les espaces verts, sauvons l’AEV, par Didier MIGNOT

Nous souscrivons tout à fait à l’objectif de protéger et développer les espaces verts, notamment dans les communes qui en manquent. Pourtant si Pécresse veut être cohérente, pourquoi sabre-t-elle le budget de l’Agence des Espaces Verts ? Les missions de l’AEV consistent justement à préserver, développer et éduquer à l’environnement, autour des espaces verts. Au côté des salarié.e.s, nous demandons des garanties pour les missions et emplois de l’AEV. Sans cela, le Plan Vert ne reposera sur rien.

Sport/Loisirs : l’accès pour tou.te.s plutôt que l’élitisme, par Lamine CAMARA

La politique sportive de Pécresse tient en deux mots : élitisme et compétition, tout cela au détriment de la pratique amateur et des petits clubs et associations. Encore une fois la droite a fait son choix. On retrouve cette même logique pour les loisirs : Pécresse refuse de privilégier les communes populaires développant de vraies ambitions en terme d’accès de tou.te.s aux vacances.

Pécresse, la candidate de la voiture, par Fabien GUILLAUD-BATAILLE

Pour les usagers, la « révolution des transports » tant annoncée se fait toujours attendre. Derrière les nouvelles annonces « anti-bouchons », la droite impose sa thèse favorite : l’avenir des déplacements, c’est la voiture ! Pour nous, le vrai plan anti-bouchon est simple : commençons par libérer nos routes des milliers de poids lourds qui les empruntent chaque jour, en développant le transport de marchandises ferré et fluvial. Il faut aussi investir davantage dans les transports en commun et inciter à leur usage : là aussi Valérie Pécresse ne tient pas ses promesses ! A l’inverse, elle prévoit une nouvelle augmentation du tarif du Passe Navigo, qui serait dramatique d’un point de vue social et écologique.

Alimentation Bio : Pécresse piétine la démocratie et méprise la santé des Francilien.ne.s, par Jean-Michel RUIZ

Alors que le groupe EELV présentait un rapport ayant pour objectif d’arriver à 50% d’alimentation biologique dans les cantines des lycées, nous avons assisté à un gigantesque déni de démocratie. Plutôt que de débattre sur le fond, Pécresse a préféré user d’un tour de passe-passe et vider la proposition du groupe écologiste de son contenu. Nous regrettons ces méthodes, et appelons à un vrai débat sur les objectifs alimentaires. Le développement d’une agriculture biologique, paysanne, en circuits locaux est une urgence sanitaire et environnementale et majeure, il s’agit maintenant d’y répondre.

 

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  • Parce que nous ne nous soumettrons pas à l’arbitraire du pouvoir,

  • Parce que les mots « justice » et « dignité » ont encore un sens pour nous,

  • Parce que nous pensons qu’il est primordial de nous organiser, ensemble, pour lutter contre la guerre faite aux pauvres, aux migrants, aux descendants de colonisés,

Nous appelons tout-e-s celles et ceux qui se sentent concernés par ces sujets à nous rejoindre dans toutes les initiatives à venir et à participer très largement à la Marche pour la Justice et la Dignité qui aura lieu le dimanche 19 mars 2017 à Paris, 14h, de Nation à République.

Contre la hogra, contre l’humiliation, contre le racisme et les violences policières, contre les guerres lâches faites en notre nom contre des peuples qui ne nous ont rien fait.

Retrouvons espoir, force et unité pour faire bloc ensemble au nom de la Justice et de la Dignité.

VIe République, J-2 pour la marche de la Bastille

L’équipe de Jean-Luc Mélenchon a présenté, le 14 mars, les contours de l’initiative

« festive et populaire » à laquelle le candidat appelle le 18 mars.

Le 18 mars ? « Je ne peux pas, j’ai Bastille ». Cette réponse, lancée sur les réseaux sociaux, l’équipe de Jean-Luc Mélenchon espère en faire une réalité d’ici samedi pour faire de la marche pour une VIe République prévue ce jour-là à Paris, de Bastille à République, une réussite. À la date anniversaire de la première initiative sur une place publique de la campagne du Front de Gauche en 2012, le candidat ressort des salles de meeting et invite les citoyens à en faire de même. « Nous voulons faire une démonstration de force, non pas d’un mouvement ou d’un parti, mais d’une revendication » a expliqué lors d’une conférence de presse son directeur de campagne, Manuel Bompard.
Point d’arrivée il y a 5 ans, la place de la Bastille sera cette fois le point de départ, à 14h, de cortèges (régionaux mais aussi thématiques autour de la planification écologique ou encore partage des richesses) vers la place de la République. C’est là que sont prévus des concerts, des lectures, des messages vidéos avant et après le discours de Jean-Luc Mélenchon, programmé entre 15 et 16h. Outre les personnalités associatives, syndicales et politiques comme Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble, annoncées dans le carré de tête, les artistes Agnès Bihl, Thomas Dolié, Soan, Melissmell, l’écrivain Laurent Binet, doivent participer au rendez-vous.
Quant à l’invitation à défiler en fin de cortège pour ceux qui viendraient avec le drapeau de leur parti qui a fait grincer les militants : « nous n’allons pas empêcher chaque personne de venir avec des drapeaux mais si une organisation politique en particulier souhaite avoir un cortège de son organisation, nous lui proposerons de le faire à la fin du défilé », a précisé Manuel Bompard.
Sans s’avancer sur des prévisions chiffrées de participation, Mathilde Panot, en charge de l’animation des groupes d’appui de la France Insoumise, s’est réjouie de la mobilisation pour préparer la marche avec « deux cents cars déjà prévus ». Ce rendez-vous « festif » dont les organisateurs veulent faire « le plus grand rassemblement populaire » de la campagne se veut aussi le début d’une nouvelle phase pour Jean-Luc Mélenchon.

Article issu du journal l’Humanité du 15 mars 2017

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